Yogi en posture de méditation

Le centrage

C’est une image qui restera gravée dans ma mémoire. Lors d’une grande manifestation pour la liberté et la démocratie, des milliers de personnes se sont rassemblées au départ du défilé. Il y avait des discours forts depuis une scène. Il y avait de la musique, des roulements de tambour et le murmure de milliers de personnes. Un paysage sonore si intense à mes oreilles, que j’ai craint de devoir reprendre mes esprits pendant une heure et demie à la maison.

Et l’homme était là. Avec de longs cheveux grisonnants, des vêtements qui indiquaient qu’il venait probablement de la tradition du yoga. Il était assis par terre, les mains dans un mudra, les yeux fermés, en train de méditer.

Équilibre

En état méditatif sans être dérangé par ce qui se passait autour de lui. Peu importe à quel point c’était bruyant et chaotique. Lorsque nous sommes passé devant lui, nous avons ressenti énergétiquement qu’il y avait un champ d’énergie apaisante autour de lui.

Cela rappelait le symbole du Yin/Yang. Au milieu du grand plan blanc en forme de goutte incurvée de l’énergie Yang turbulente, chaude, mouvementée et bruyante se trouve une petite boule noire, qui représente l’opposé du Yang : le Yin. Le Yin représente le calme, la froideur, l’immobilité. Il indique que le Yang sans le Yin n’existe pas, et que le Yin sans le Yang est également inexistant. Ils se maintiennent mutuellement en équilibre.

Un rituel symbolique

C’est pourquoi les anciens Chinois construisaient souvent des pagodes hautes et verticales dans des paysages qui, autrement, étaient complètement horizontaux et plats. Les empereurs chinois avaient un palais d’été dans le nord du pays, et un palais d’hiver dans le sud de leur empire. Au plus fort de l’été (Yang), l’empereur et sa cour s’installaient dans le palais d’été au nord (Yin). Et en hiver (Yin), la cour se déplaçait vers le palais d’hiver au sud (Yang). Ce rituel symbolique n’était pas seulement là pour éviter d’être soumis à des extrêmes climatiques, mais aussi pour symboliquement maintenir l’équilibre entre les deux pôles.

Le centrage

Le yogi méditant lors de la manifestation était une illustration de ce que l’on appelle le « centrage ». C’est le fait d’être capable de tourner son attention vers l’intérieur, après l’avoir complètement détachée du monde extérieur qui nous entoure.

Parfois, lors d’un moment de relaxation à la fin d’une séance de yoga, les étudiants en yoga deviennent d’abord irrités puis obsédés par des éléments perturbateurs extérieurs, qui dérangent ou absorbent leur attention. Cela conduit parfois à des plaintes du type « Je n’ai pas pu me détendre parce que… » il y avait ce cri dans la rue, ce claxon de cette voiture, ou le léger ronflement de l’autre étudiant de yoga à côté d’eux, qui était passé de la relaxation au sommeil profond. Ou bien il s’agit de démangeaisons ou d’irritations qui se manifestent soudainement.

État intérieur paisible

Ces perturbations extérieures ne sont inquiétantes que dans la mesure où vous leur donnez ce pouvoir. Cependant, ils peuvent aussi être les éléments et les outils idéaux pour apprendre à rester calme dans son propre centre, peu importe ce qui se passe autour de soi. Parce que l’accès à un état intérieur calme, tranquille, paisible et neutre est une chose pour laquelle la réalité actuelle de notre planète bruyante offre rarement les conditions idéales. Cet état intérieur paisible, ce point de repos et d’équilibre, est accessible à tous, à tout moment de la journée et en toutes circonstances. Il nous suffit d’apprendre à ne pas nous accrocher aux éléments du monde extérieur que nous avons qualifiés d’interférents.